Il y a des moments où le travail quitte le silence de l'atelier.
Des moments où les lignes tracées à l'encre, souvent dans le calme, se confrontent enfin aux regards des autres.
Ma première exposition fait partie de ces moments.
Pas seulement une étape.
Un basculement.
Avant l'exposition : dessiner dans le silence
Avant cette exposition, chaque dessin existait dans un espace très simple : une feuille, de l'encre, du temps.
Dessiner la montagne, ce n'est pas reproduire un paysage,
C'est rechercher une tension.
Entre le plein et le vide.
Entre la lumière et la matière.
Entre ce que l'on voit et ce que l'on ressent.
Pendant longtemps, ce travail est resté caché
Il y a quelque chose d'assez particulier dans le fait de dessiner sans savoir où les oeuvres finiront.
Elles existent. Mais pour qui ?
L'exposition est venue répondre à cette question.
Le moment du vernissage : quand les regards arrivent
Le vernissage est un moment étrange.
On passe de l'isolement à des rencontres tangibles.
Le oeuvres ne sont plus face à soi.
Elles sont face aux autres.
Et ce qui est frappant, ce ne sont pas les commentaires techniques.
Ce sont les silences.
Certaines personnes restent immobiles devant un dessin.
D'autres s'approchent très près, presque pour comprendre comment l'encre s'est déposée.
Et puis il y a les phrases simples :
" On ressent vraiment la montagne"
"C'est apaisant"
"On a l'impression d'y être"
Ou bien encore " je vois un animal", "plus je le regarde et plus je vois de nouveaux messages"
C'est à ce moment-là que quelque chose devient clair :
Le dessin ne s'arrête pas à ce que je fait.
Il commence réellement quand quelqu'un le regarde.
Ce que le regard des autres change
Avant cette exposition, mon travail était une recherche personnelle.
Après, il devient une expérience partagée.
Et ça change beaucoup de choses.
Parce que tu comprends que :
- ce que tu ressens peut être vraiment perçu
- Ce que tu recherches peut être compris
- Ce que tu fais peut toucher
Et surtout, que la montagne parle aussi aux autres.
Pas de la même manière,
Mais avec la même intensité.
Une reconnaissance au-delà de l'atelier
Cette exposition n'est pas restée confidentielle.
Elle a été relayée par plusieurs médias, notamment La Dépêche du Midi, ainsi que par haute-garenne Tourisme.
C'est une étape importante.
Parce que ce regard extérieur vient confirmer quelque chose: ce travail existe au-delà de moi
Il trouve sa place
Il est vu
Il est relayé
Et ça, pour un travail né dans le silence, ce n'est pas anodin.
La montagne toujours au centre
Si cette exposition m'a apporté quelque chose, ce n'est pas un changement de direction.
C'est une confirmation.
Je ne cherche pas à "dessiner plus" .
Je cherche à dessiner "juste".
La montagne reste le sujet.
Toujours.
Parce qu'elle impose :
- Le calme
- La lenteur
- L'attention
Et parce qu'elle ne laisse pas de place à l'artifice.
L'encre de chine : aller à l'essentiel
L'encre de Chine ne pardonne pas.
Pas de retour en arrière.
Pas de correction facile.
Chaque trait compte.
Et c'est précisément pour ça que je l'utilise.
Elle oblige à :
- simplifier
- observer
- choisir
Et au final, à ne garder que l'essentiel.
Comme la montagne.
Et maintenant : les œuvres quittent les murs de l'exposition
Une exposition, c'est temporaire.
Les oeuvres restent quelques jours, quelques semaines .... puis disparaissent.
Mais certaines continuent leur chemin.
Elles quittent les murs pour entrer dans des espaces plus intimes :
- un salon
- un bureau
- une chambre
Et c'est là qu'elles prennent encore une autre dimension.
Parce qu'elles ne sont plus seulement regardées.
Elles deviennent présentes.
Ce que cette exposition change vraiment
Si je devais résumer :
- Rien n'a changé dans la manière de dessiner
- Mais tout a changé dans la manière de partager
Il y a maintenant une certitude :
Ce travail n'est plus seulement une recherche personnelle.
C'est quelque chose qui peut être vécu, ressenti, intégré ailleurs.
Et ça donne envie de continuer .
Découvrir les oeuvres issues de cette exposition
Certaines oeuvres présentées lors de cette première exposition, inspirées des Pyrénées, sont aujourd'hui disponibles en tirages d'art ou reproduites sur de l'Aluminium Dibond en édition limitée.
Des tirages réalisés avec exigence, pour restituer :
- La profondeur du noir
- La finesse des lignes
- L'équilibre du dessin
